< Creative Forge

union

synth · May 2025 · living

La synthèse FM est difficile à expliquer et facile à entendre. Il suffit de bouger un paramètre pour comprendre ce qu'il fait, à condition d'avoir l'instrument sous la main.

Alors il est sous la main. Activez le son, puis poussez index : c'est toute la modulation de fréquence.

Le porteur est la note qu'on entend. Le modulateur est une seconde onde qui plie sa fréquence, rapport fois plus vite ou plus lentement que lui, et index dit de combien elle la plie. À zéro c'est une sinusoïde. À mille, la note s'est changée en cloche, en cuivre, ou en quelque chose qui n'a pas de nom. Un rapport entier donne des sons tenus, un rapport bancal donne des sons qui battent.

Ce qui défile est un spectrogramme : le temps va vers la gauche, les fréquences montent, et la densité de l'encre dit la force. Il tourne avant qu'on ait rien activé : un navigateur refuse de faire du son tant qu'on ne le lui a pas demandé, alors tant que rien ne joue la page calcule elle-même le spectre que ces réglages donneraient. Et comme il est branché avant la coupure du son, on peut couper et continuer à voir ce qu'on fabrique.

L'instrument joue déjà tout seul en arrivant : auto accroche les six commandes à des sinusoïdes lentes et les lâche. La fréquence en a deux, qui s'additionnent : avec une seule elle balayait d'un bout à l'autre comme une sirène, à deux elle erre. Aucune période ne tombe juste sur une autre, donc la figure ne se referme pas : il faudrait quelques millions d'années pour qu'elle repasse exactement où elle était.

Sur un téléphone, l'accéléromètre remplace deux curseurs : penché avant arrière pour la note, gauche droite pour le timbre. L'instrument se tient alors à deux mains, ce qui est la bonne façon de tenir un instrument.

Pourquoi le navigateur

Parce qu'un téléphone suffit. En cours, tout le monde ouvre la même adresse et joue en même temps : trente instruments, trente enceintes, une salle qui devient un instrument spatial.

L'intérêt n'est pas de faire un bon synthétiseur. Il est de mettre la modulation de fréquence entre les mains de gens qui n'ont pas de rack, pas de licence, et pas envie d'installer quoi que ce soit.

Ce que cette page charge

Rien. L'original est écrit en p5.js ; celui-ci est réécrit sans bibliothèque, parce que le navigateur sait déjà faire de la synthèse et qu'une page qui n'a rien à télécharger s'ouvre partout. La reverb elle-même ne charge pas de fichier : son impulsion est du bruit qui décroît, fabriqué sur place en six lignes.

L'instrument entier tient dans un fichier posé à côté de ce texte. On peut l'ouvrir, le lire, changer une valeur et le refaire marcher, ce qui est à peu près tout ce qu'on peut demander à un instrument.